Le Col•lectiu Angelets de la Terra organise quatre concerts parrainés par l’acteur Sergi Lopez, pour réclamer la libération des prisonniers politiques Catalans. Le cycle de  « Concerts per la llibertat » qui comptera avec la participation d’une trentaine de groupes, dont Balbino Medellin, Goulamas’k, Marina Rossell et Gerard Jacquet, débutera à Alenya le 1er avril, puis ira à Villefranche de Conflent le 19 mai, au Soler le 22 septembre et à Pézilla de la Rivière le 13 octobre. 

 

Le collectif de musiciens de Catalunya Nord (« Pyrénées-Orientales » selon la toponymie française) veut attirer l’attention des citoyens et de leurs élus sur la situation de l’autre côté des Pyrénées en chantant la révolte face à l’injustice et au déni de démocratie. Depuis le 1er Octobre, la gravité des violences policières à l’encontre de la population pacifique d’une part, la répression politico-judiciaire mise en place par le gouvernement Rajoy d’autre part, ont été largement sous-estimées, voire biaisées, par un grand nombre de (par certains médias) médias. Par (A travers) ces concerts parrainés par Sergi Lopez (César du meilleur acteur), les Angelets de la Terra veulent soutenir les des prisonniers politiques, les exilés et  tous ceux qui sont persécutés par la justice espagnole. Tous ceux qui ont eu le courage de défendre la création d’une République indépendante, la quatrième tentative avortée, avec pour seules armes des urnes et des bulletins de vote, face aux matraques et au terrorisme d’État. Ces mots sont, certes, lourds de sens, mais il est temps de cesser de minimiser l’atteinte flagrante faite aux droits fondamentaux de la citoyenneté et de bien prendre conscience que les évènements se déroulant en Catalogne impacteront inéluctablement l’ensemble de la société Européenne actuelle et à venir. 
 
Nation millénaire avec une culture et une langue qui lui sont propres, la Catalogne se bat pour retrouver sa souveraineté volée par les armes, il y a de cela 300 ans, par les armées des rois Bourbons français et espagnols.
Après 40 ans de dictature, avec l’assentiment de l’Europe, une transition dite démocratique a débouché sur une Constitution obtenue avec un révolver sur la tempe, révolver tenu par les mêmes franquistes qui ont fondé le Parti Populaire. Puis la Catalogne a obtenu en 2005 un nouveau Statut d’Autonomie approuvé par le Congrès des députés espagnols et par un référendum légal. Pourtant, ce texte a été balayé par le Tribunal Constitutionnel constitué de juges nommés par le roi bourbon Felipe IV dont le père a été mis en place par Franco. Un tel déni de démocratie a conforté le peuple catalan dans la nécessité de faire évoluer le modèle politique auquel il est soumis. Le gouvernement espagnol a alors tout fait pour empêcher l’organisation d’un référendum qui aurait permis au peuple catalan de décider de son futur comme le permet la Charte des Nations unies de 1945. Les Catalans ont malgré tout organisé ce référendum le 1er Octobre et voté majoritairement pour leur indépendance. La réponse de l’Etat espagnol a mis en évidence un Etat policier toujours présent, malgré la mort de Franco. Ce recours excessif à la force a d’ailleurs été dénoncé à plusieurs reprises par divers observateurs indépendants internationaux, notamment Amnistie Internationale et Alfred de Zayas, expert des Nations Unies, dans l’indifférence totale des chefs d’Etats Européens. 
 
La déclaration unilatérale d’indépendance d’octobre 2017 a replacé la Catalogne au cœur de l’actualité internationale. Jordi Cuixart, président d’Omnium, Jordi Sanchez, président de l’ANC, Joaquim Forn, ministre de l’Intérieur et Oriol Junqueras, Premier ministre, sont des citoyens catalans emprisonnés pour avoir mené une campagne politique, une campagne d'idées, une campagne d'opinion, face à un gouvernement espagnol borné et violent. Toujours placés en détention provisoire et ce depuis des mois, sans aucune justification juridiquement recevable, ils sont par définition des prisonniers politiques prenant valeur d’avertissement pour toute personne ou formation qui oserait remettre en cause le système politique espagnol. Ici encore, l'action de la Justice, partie prenante de celle de la police, elle-même au service du Gouvernement, a été dénoncée  sur le plan international tant par des ONG que par des dirigeants hors Europe. 
 
L’objectif du Col•lectiu Angelets de la Terra n’est pas de se prononcer à propos du bienfondé de la République Catalane indépendante mais bel et bien d’appeler à une prise de conscience collective du risque de renouveler les erreurs du passé, en laissant se mettre en place un Etat d’exception. Le populisme se développe un peu partout en Europe et l’UE montre une régression très significative en s’alignant sur ce que la Constitution espagnole a conservé de l’héritage franquiste. L’Espagne est le miroir d’une Europe qui bascule vers des démocraties autoritaires, antisociales et liberticides. Il faut réagir, chacun à sa manière et avec ses moyens, avant qu’il ne soit trop tard.
 
Au travers de ce cycle de concerts solidaires organisés notamment avec la participation active de quatre municipalités et de différents acteurs associatifs, le Collectif souhaite inviter la population et leurs représentants à demander individuellement et de façon collective, la libération des prisonniers politiques ; la cessation des poursuites judiciaires dont sont l’objet des militants associatifs, artistes, enseignants et politiques Catalans, provisoirement laissés en liberté ; la négociation pour que soit respecté le vote de la population catalane, suite à l’élection du 21 décembre, qui marquera la fin de l’application de l’article 155 qui a supprimé illégalement l’autonomie catalane. Il en va de la démocratie outre-Pyrénées mais aussi de la démocratie de notre côté des Pyrénées où l’extrême droite est aux portes du pouvoir. Il ne faudrait  pas confondre avec les nationalistes sans Etat que sont les Catalans, les Occitans, les Bretons, les Basques ou les Corses 
 
Les citoyens Catalans se retrouvent seuls. Ils sont tous sous surveillance, dans l'attente que la population européenne les reconnaisse comme un peuple légitime et réclame le respect de leurs droits démocratiques, au lieu de se borner à constater que le franquisme continue par d'autres moyens.

 

Les Angelets de la Terra, les Catalans du Nord, doivent défendre leurs frères du Sud car ils ont encore la liberté de s’exprimer et de manifester sans risquer d’être emprisonnés. C’est pourquoi ils ont décidé d’organiser ces actions festives, revendicatives et ouvertes à tous. « Entre tots ho farem tot ! » (Ensemble nous le ferons !)

 

Ramon Faura, coordinateur du Col•lectiu Angelets de la Terra 

tél: 06.68.89.82.71

mail: ramon@angeletsdelaterra.com 

www.angeletsdelaterra.com 

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